- Art(s) & Culture(s) -

Recherche personnalisée

mardi 20 novembre 2007

Hypothèse des internautes : une valise rouge ?

"La valise rouge, ou le hors champ", analyse d'images par A. Gunthert.


"Déjà signalé sur ce blog, le buzz d'une image fixe est beaucoup moins facile à évaluer que celui d'une vidéo. En l'absence de carrefours d'audience tels YouTube ou Dailymotion, sans compteur de vues ni situation chronologique, la surveillance de la circulation d'une photographie reste une affaire qui relève du connoisseurship plus que d'une approche méthodique. En la matière, toutefois, un signe ne trompe pas. La rapidité de sa reproduction en des lieux divers est un indicateur fiable de son caractère viral.

Si j'en crois mes outils de veille, les premiers signaux d'une circulation accélérée permettent de désigner sans trop de risque d'erreur la prochaine image qui buzze: le vidéogramme d'une conversation Bush-Sarkozy apparemment diffusé par CBS, apparu hier sur le blog du journaliste Serge Faubert, repris sur celui de Sébastien Fontenelle, et irriguant dès ce matin divers sites, forums et autres réseaux sociaux (ci-dessus, image de gauche).

Désignée d'un cercle, la valise rouge qui supporte Nicolas Sarkozy lui permet de dialoguer à hauteur compatible avec George Bush. On se souvient du débat provoqué par une autre photographie d'un tête-à-tête entre les deux présidents, en septembre 2006 (ci-dessus, image du milieu), qui avait alimenté les spéculations. Cette image semble livrer la clé de l'énigme et reconstituer un hors champ qui paraît un élément récurrent des rencontres entre les deux hommes.

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Un commentaire sur l'Ashram de Swâmi Petaramesh, qui reprend lui aussi cette image (merci à ec pour son signalement), permet de remonter un pas plus loin. Selon le site Sarkozeries, dans un billet daté de cette nuit, cette photographie est un montage humoristique, qui a remplacé les têtes des interlocuteurs originaux (ci-dessus, image de droite) par celles des présidents américain et français.

MaJ - 20h Le constat en fin de journée est celui d'une dissémination parallèle de l'image et de l'indication de sa véritable source. Guy Birenbaum a même inversé la présentation des deux images, affichant d'abord la photo non montée. Il est probable que le buzz va se ralentir et rester confiné à l'espace du gag. La leçon qu'on retiendra pour l'instant de ce cas, l'un des rares exemples de manipulation délibérée interne au monde web, c'est l'efficacité et la rapidité de sa capacité d'autocontrôle. Moins de 24 h après le début de sa dissémination, l'image a vu son interprétation systématiquement corrigée: la plupart des sites qui en faisaient mention ce matin ont procédé à une mise à jour. Il faut noter le caractère bienveillant de l'intervention des commentateurs, soucieux (comme ec ci-dessous) d'éviter au blogueur de commettre une erreur. Si ce constat pouvait être généralisé, il permettrait de situer la clé de cette autocorrection dans un fort sentiment de communauté."

André Gunthert, "La valise rouge ou le hors champs", 2 nov. 2007.

La France et ses esclaves

Couleur Saphir n°115



Pendant plus de deux siècles la traite et l’esclavage dans les terres françaises ont concerné quatre millions d’esclaves : Deux millions d’entre eux sont nés en Afrique, transportés par des navires négriers dans les colonies et deux autre millions y sont nés. S’il existe déjà des ouvrages traitant de histoires générales de la traite, de l’histoires de la colonisation française, de celle de chaque colonie, il n’existait aucune histoire de l’esclavage français, couvrant la période coloniale toute entière.
Le livre de Frédéric Régent qui porte un regard nouveau sur le fonctionnement des sociétés esclavagistes françaises permet de répondre à de nombreuses questions : Comment et pourquoi les Français ont-ils été amenés à devenir esclavagistes ? Pourquoi ont-ils eu recours à la traite négrière ? Pourquoi les notions de Blancs et de Noirs sont-elles apparues ? Quel bénéfice, la France retire-t-elle de l’économie esclavagiste ? Quelles sont les limites à l’exploitation des esclaves ? Pour quelles raisons la France rétablit-elle l’esclavage après l’avoir précédement aboli ? Quel est le rôle joué respectivement par les esclaves et les abolitionnistes dans le «processus d’émancipation» ?

Informations pratiques :
Mercredi 5 décembre 2007 à 19h00 à l'ARCC
160,rue Pelleport 75020 Paris
Métro: Télégraphe ligne 11 - Bus 60, arrêt Borrego
Site : http://www.arcc.asso.fr
Mèl : arcc2@wanadoo.fr

Entrée libre
Cocktail à l’issue de la manifestation

samedi 17 novembre 2007

Kaméléon volaz : exposition d'artistes en ligne

Le site Maloya (www.maloya.org) recherche des artistes de La Réunion, de toutes pratiques (peinture, sculpture, vidéo, photographie, etc.), pour présenter leurs travaux en ligne. Il s'agit d'offrir un espace où les artistes pourront se faire connaître - ou reconnaître - en présentant leurs travaux un mois durant.



Voici le texte de présentation de la rubrique intitulée
Kaméléon volaz / Lézard errant :

En français : Chaque mois, Maloya vous propose de rencontrer un artiste différent. Cette exposition virtuelle (débutant le premier jour du mois et se terminant le dernier jour) à pour objectif de vous faire rencontrer des artistes locaux qui travaillent l’image selon différents modes, et sur différents supports : peinture, photographie, vidéo, etc.
Bonne visite !

En créole : Sakinn son limazèr… Maloya i propoz a zot dardékouv tou lé mwa in zartist diféran : nana i pind, nana i fé foto, nana i fé sinéma, etc. Sak débu d’moi, zot nora lokazion dékouv in nouvo lartist péi, in nouvo limazèr péi.
Zartist réioné, montr a zot ! ‘Lon tienbo le rin pou fé in mouvman, pou fé rim réioné èk réyoné !

Pour plus de précisions, ou pour soumettre des travaux, écrire à :
kabar@maloya.org

dimanche 11 novembre 2007

Poème Réunionnais / Fonnkèr Réioné

Puisqu'un concours de poésie a été lancé par Maloya (voir article précédent), un petit hommage s'impose... Plutôt que d'étaler mes mots plats, je vous propose de (re)découvrir la rondeur et les formes de ceux d'Anne Cheynet, avec son fameux "Vercingétodafrix" :

"Autrefois notre pays s'appelait la Gaule. Nos ancêtres les gaulois étaient de grands hommes. Ils avaient..."

Vercinzétomasin
Sa lé lwin
Mon po lé nwar
Loder lékaliptis
Lé swar
La roul gran flèv dan la foré...
Monmon lafrik
Zot la vann ton po ek ton sévé
Zot la ras ton zorey ek ton zyé

Blan ou nwar out san la fé nout listwar
Afrik

Ton zanfan la pa geyn lé gou ton lé
Pou zot i falé travayé
Konm zot i falé priyé

Blan ou nwar ou lé dan nout mémwar
Afrik

Deryèr rido kann
Mi antann lo son tam-tam
Monmon
Sa ton vwa mi krwa
I vyin sant in santé
Pou ton zanfan ekzilé

Afrik Afrik ou lé dan nout misik
Afrik Afrik

Vercinzétomasin sa lé lwin
Vercinzétomasin
I tonm pa mon kousin


Pour les non-initiés et les curieux, voici une traduction :

Vercingétomachin / Est loin / Ma peau est noire / D'odeur d'eucalyptus / Le soir a glissé comme un grand fleuve dans la forêt... / Maman Afrique / Ils ont secoué ta peau et tes cheveux / Ils ont arraché tes oreilles et tes yeux

Blanc ou noir ton sang a fait notre histoire / Afrique

Tes enfants n'ont pas pu sentir le goût de ton lait / Pour eux il fallait travailler / Comme eux il fallait prier

Blanc ou noir tu es dans notre mémoire / Afrique

Derrière les rideaux de cannes / J'entends le son des tam-tam / Maman / C'est ta voix je crois / Qui chante une chanson / Pour ton enfant exilé

Afrique Afrique tu es dans notre musique / Afrique Afrique

Vercingétomachin est loin / Vercingétomachin / N'est pas de ma famille


Sources :
- Le texte original d'Anne Cheynet ainsi que l'illustration d'Annick Gautier, viennent de l'ouvrage : Anne Cheynet (éd.), Tèr tout'koulèr, Poème pour la terre multicolore, France, A.D.M.V., 1992, p. 38-39.
- Traduction : Stéphane Hoarau.

dimanche 4 novembre 2007

Dégustation de niawls à Paris

Lansly, c'est un duo : Daria & Daef, qui se sont rencontrés à La Réunion, lors de leurs années d'étude ; c'était il y a quelques années déjà... Depuis, ils ont voyagé, et ont beacoup appris. Daria & Daef pourraient se contenter de jouer de la guitare ou de la basse, mais non : bongos, hang, tabla, udu, derbouka, gong, pakawaj, guimbarde ou slide tampura servent à accompagner leurs chants en niawls... C'est ce qui s'appelle un maillage culturel : des instruments du monde, se mariant entre eux, se mariant à des chants en langue autre... c'est un tissage, un métissage...

A ceux qui ne connaissent pas le niawls et qui n'ont jamais entendu de sarod, de dobro, de dan tranh ou de kayamb, aux curieux qui aiment rencontrer et partager leurs diversités, rendez-vous les 6 et 7 nov. :

Kèl Kozman ? / Quelle parole ?

Entre l'île de La Réunion, Paris, et bien d'autres lieux dans le monde, je vous propose, via ce petit blog, de découvrir quelques artistes, publications, événements, etc. qui se rapportent tous à la culture. Une culture alter-..., c'est-à-dire, une culture différente, qui ne se découvre pas dans les magasines pipoles ou dans les écrans des tévés - ni même sur les affiches publicitaires - mais une culture qui tisse des liens entre les humanités, qui vit et que nous faisons vivre de manière originale et singulière dans nos quotidiens respectifs, à travers le monde, à travers les mondes : francophones, créolophones, etc.

Au plaisir de vous rencontrer lors d'une manifestation ou dans l'un des ateliers présentés,
Bien à vous,


Stéphane Hoarau.