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vendredi 14 septembre 2007

Salon d'automne de la peinture contemporaine



Salon d'Automne de la Peinture Contemporaine : exposition du 15 au 23 septembre 2007

Du 15 au 23 septembre 2007, je participerai à une exposition collective qui se tiendra à Paris, dans le 11ème arrondissement. Le vernissage aura lieu le 14 septembre à partir de 18h30, et c'est bien sûr avec grand plaisir que je vous acceuillerai !

Pour s'y rendre :
Salle Olympe de Gouges
15 rue Merlin - 75011 Paris
Métro Voltaire
Bus 46, 56, 61, 69


Par ailleurs, pour une petite "mise en bouche", je vous invite également à visiter mon site de peinture : www.stephane-hoarau.com

En espérant vous voir nombreux, et au plaisir de partager avec vous un peu de mes couleurs, HS.

lundi 10 septembre 2007

Parce qu'un cinéma réunionnais manque cruellement ?

A la suite de la diffusion sur le net de quelques oeuvres détournées par des réunionnais, et aux heures de la diffusion, à la télé cette fois, d'une nouvelle production nationale (Les Mariés de l'île Bourbon), il conviendrait de s'interroger sur ce qui semble être, paradoxalement, à la fois une marque de créativité et une carence artistique : le cinéma fait à La Réunion n'est pas un "cinéma réunionnais", et le cinéma réunionnais (entendons en créole réunionnais) qui circule sur le net n'est pas un cinéma fait à La Réunion. Etrange chassé-croisé d'une production artisique qui semble se chercher : qu'est-ce qui est réunionnais ? Le mot ou l'image ? Et pourquoi pas les deux ?

Actuellement, il ne circule pas entre les réseaux créés sur la toile des films faits à La Réunion, mais des films en créole de La Réunion ; des films qui n'ont de créole que la langue. Toute la différence réside dans le fait que ces films ne proposent pas d'images originales, mais des (re)montages et des (re)sonorisations d'images déjà existantes, et archi-connues. Il circule donc des reprises de films (courts ou longs) aux bandes sonores détournées... ou plus justement : réorientées. Je pense par exemple à la série Les Lascars (renommée "Les Lascars 974") dont un grand nombre d'extraits et d'épisodes ont été re-sonorisés (cf. ci-dessous), ou encore au non moins original "Matrix ton monmon", tiré du film Matrix donc, et qui "fait son tabac".


(cliquez 2 fois sur la vidéo pour la visionner)

Lorsque je vois "Les Lascars 974" ou "Matrix ton monmon", inévitablement, je pense à une autre expérience de traduction, officielle et légale celle-là : le télénovela intitulé Marimar, diffusé sur des ondes locales pendant de nombreux mois (avec le succés mitigé qu'on lui connaît). Mais je pense aussi (et ça n'est plus là une histoire de bande sonore mais de paysages), au succès des "films-karatés" diffusés sur une télé locale ayant depuis subie un KO technique et politique. Comment expliquer le succès de Marimar et de ses compères ? Comment expliquer celui de Bruce Lee et de ses camarades ? "On" dit : une ressemblance de paysages géographiques et mentaux ("on" pense aux champs de canne ou au goût pour les commérages et autres ladilafé) ; "on" pense à des thèmes politiques, à la manière dont les premiers films de Bruce Lee, par exemple, relatent la lutte d'ouvriers chinois en prise avec une société oppressive et éttouffante (chômage, pressions sociales, brimades, etc.).
Mais l'orignalité des oeuvres (re)sonorisées (oui, il convient de les penser comme des oeuvres à part entière comme le sont toutes les oeuvres ayant pour technique le recyclage par exemple*), réside essentiellement dans le choix des références : pourquoi Les Lascars ? pourquoi Matrix (cf. ci-dessous) ? Pourquoi l'univers des banlieues parisiennes ? Pourquoi un univers virtuel, parrallèle ?


(cliquez 2 fois sur la vidéo pour la visionner)

Le point commun qu'il y a entre ces deux références, est qu'à chaque fois il y a porté à l'écran un regard décentré sur une société : celui des banlieues nord de Paris situées au-delà du périphérique, comme La Réunion est au-delà des mers ; et celui d'un monde de l'au-delà, périphérique à la réalité, comme la société réunionnaise semble être pensée en marge de celle de la France continentale. La Réunion serait-elle un monde français parallèle ? Alors, qui est "Mr. Smith", le méchant démultiplié de Matrix ? Un étranger venu de l'au-delà, dans l'au-delà, pour rétablir l'ordre et la sécurité peut-être... Bien plus que de simples blagues pou fé ri les dents, ces deux reprises cinématographiques véhiculent - volontairement ou non - des messages forts. Ils questionnent : qui sommes-nous ? Nous qui avons une langue pour nous dire, pour parler de nous-mêmes, mais qui n'avons pas d'images pour nous montrer ?

C'est qu'il semble y avoir un besoin : celui de pouvoir voir et entendre, des images et des mots, plus proches d'un quotidien où il n'y a ni grattes-ciel, ni tour Eiffel, ni capes et épées... La production cinématographique "réunionnaise" (celle qui circule sur le net en tout cas), marque le besoin d'émettre un discours sur cette société, mais en en détournant d'autres déjà existants, marqueurs d'autres sociétés. Faut-il y voir symptôme ? Celui d'un monde qui ne parvient pas pleinement à fabriquer ses propres outils, ses propres codes - cinématographiques et picturaux ? - pour parler de Soi et préfère, pour le moment, les emprunter à d'autres ? Nous sommes dans la matrice d'un discours qui, tout en étant audible, reste invisible : où sont les images des réunionnais et de La Réunion ? Elles se devinent par supperpositions langagière et imaginaire d'images produites ailleurs, répondant à d'autres besoins. Elles se devinent, sous les plis d'un discours en créole, apposé à des images propres à d'autres imaginaires. C'est peut-être en ce sens qu'il faut comprendre la "créolisation" de Matrix : au cinéma (ce qui sous-tend dans l'imaginaire), La Réunion n'existe que dans un monde parallèle... il suffit de se (re)plonger dans une série comme Les Secrets du volcan pour s'en convaincre : le réunionnais, c'est l'homme de l'ailleurs, celui qui vit dans les bois des hautes montagnes, répandant du safran sur les cadavres des Blancs venus troubler sa quiétude de bon sauvage... Il n'y a guère que l'île qui existe, on la voit, mais on ne l'entend pas, ses habitants restent muets comme muselés par une production qui a fait le choix d'une exotisation : belles cases, belles plages, belles montagnes, etc. Mais les hommes et les femmes qui habitent ces beaux paysages ? Tous des sorciers cultivant "la datooora" ? Ce n'est pas du délire : "Les Lascars 974" et "Matrix ton monmon", avec tous les défauts dont on pourrait les affubler, et sans même qu'ils ne prennent la peine de montrer une seule image de La Réunion, semblent bien mieux parler de l'île que ces images tropicales destinées à d'autres qui se refusent à prendre en compte sa réalité culturelle et sociale. Le point de vue peut faire débat, mais il me semble que Keanu Reeves est ici bien plus crédible dans son rôle de créole que ne l'étaient Véronique Jannot ou Corinne Touzet dans les leurs... La goyave d'Amérique serait-elle encore plus grosse que celle de France ?

HS.

* Recyclage : technique cinématographique qui consiste à se servir d'oeuvres antérieures exitantes pour créer, par le montage et/ou le collage, un nouveau film (voir à ce sujet les travaux de Nicole Brenez : "Montage intertextuel et formes contemporaines du remploi dans le cinéma expérimental", in CiNéMAS, vol. 13, nos 1-2, 2002, pp. 49-67).

dimanche 9 septembre 2007

A lire...


Publication de "Auto dofé" de Jean-Louis Robert, sur le site "Mondes Francophones"

En vue d'un recueil de nouvelles à paraître - et sur invitation - Jean-Louis Robert publie un texte sur le site Mondes Francophones. Parce qu'il ne veut "plus être comme bann kabri Pa Nirz", il commet cet Auto dofé : il met le feu à sa case, il incendie sa langue ! Parce que "le cordon mauresque qui l'amarrait à la pointe exotique de l'île naguère si intense" doit être coupé, il propose d'opérer cette rupture par le choix d'un mélangue (c'est-à-dire un mélange des langues) toujours aussi kozan. Dans ce "poème sur la Vile La Ville", sur le dos de cette gigantesque pieuvre grise faite de béton qui enserre l'île avec force et violence, comme pour l'étouffer, il frotte entre elles les langues - les mots des langues -, jusqu'à provoquer l'étincelle qui devra déclencher la flamme. Tout s'embrase alors, et, au-dessus des grands sites d'un tourisme inéquitable, se répand la fumée de nos maux contemporains : "alon amizé... alon fout dofé..."

Extrait:
"Le bitume tremblait. Des poings ravageurs étaient tendus droit vers la demeure du cénobite. Sa in kréol konm nou qui n’avait noué nulle vraie relation avec le voisinage faisait la nouba en huileuse compagnie avèk nout larzan ruineuses fêtes pour les contrits buvables. Nou anba nou té ral lodèr…nou té dor pa…non li mèt tro lanbordir…konm blan…dofé dofé…inn ti lanbik…dofé dann nout kor…dofé dann son kaz…Il restait là, abasourdi, sentant confusément qu’il trouverait son salut dans l’immobilité absolue. Ne pas s ‘exposer à l’immonde grouillement qui convulsait le corps social, tendant à rompre le cordon morès qui liait à Là-bas la capitale abâtardie."

Pour lire cette nouvelle :
http://www.mondesfrancophones.com/
(Rubrique : "Nouveautés" ou "Créations")

vendredi 7 septembre 2007

Ambroise Vollard, toujours à Paris...



"De Cézanne à Picasso, chefs-d'oeuvre de la galerie Vollard"

Dans les grandes lignes...
Fils de notaire né à Saint-Denis de La Réunion le 3 juillet 1866 et mort à Versailles le 22 juillet 1939, Ambroise Vollard fut un très influent marchand de tableaux et galeriste français, installé à Paris (rue Laffitte). Egalement éditeur et Ami d'Alfred Jarry, il contribua entre autres à l'écriture des aventures du "Père Ubu" (Ubu colonial)... Pour (re)découvrir ses activités de galeriste, le musée d'Orsay propose actuellement une très belle et riche exposition :

"Marchand de Cézanne et Gaugin, historien de Degas et de Renoir, avant de lier son destin à Picasso, Ambroise Vollard (1866-1939) eut une action décisive sur le développement de l'art moderne : cette exposition se propose d'en montrer l'étendue, en réunissant plus d'une centaine de peintures, mais aussi des sculptures, des oeuvres graphiques et des livres d'artistes."
Musée d'Orsay, www.musee-orsay.fr

Il ne reste donc plus que quelques jours pour se rendre au musée d'Orsay : "De Cézanne à Picasso, chefs-d'oeuvre de la galerie Vollard" se termine le 16 sept. 2007.

A noter que, exceptionnellement, le musée d'Orsay joue les "prolongations" en proposant trois soirées en nocturne : les 12, 13 et 15 sept. 2007 (de 18h30 à 21h45).
Petite parenthèse : je ne sais pas ce que vous faites le 13 ou le 15, mais le 12 vous ne pourrez pas vous y rendre : je rappelle à votre bon souvenir la soirée de rencontre et de discussion avec Monique Agénor, Jean Lods et Nabile Farès à l'ARCC... (voir parmi les annonces ci-dessous)


Erratum : pas de rattrapages !

Cette exposition a transité par New York, Metropolitan Museum of Art (13 sept. 2006 - 7 janv. 2007) et Chicago, Art Institute of Chicago (17 février - 13 mai 2007).



Pour de plus amples informations sur l'exposition :
www.musee-orsay.fr
Pour de plus amples informations sur Ambroise Vollard (biographie, portraits, activités, etc.), voir le très bon site du Lycée Ambroise Vollard (St-Pierre, La Réunion) :http://ebride.free.fr/vollard/index.htm

Reproduction ci-dessus :
- Grand format : Paul Cézanne (1839-1906), Portrait d’Ambroise Vollard, marchand de tableaux, 1899, Huile sur toile, 100x81 cm, Paris, musée du Petit Palais

jeudi 6 septembre 2007

A écouter...

Ce soir à 20h30, André ROBèR reçoit sur Radio Libertaire Carpanin Marimoutou. Petit moment à passer donc, entre son poste et ces deux amis qui s'entretiendront au sujet de littérature(s) et de créolisation(s)...




Pour écouter Radio Libertaire :
- sur les ondes : 89.4 Mhz
- sur la toile : http://rl.federation-anarchiste.org/sommaire.php3

Kèl Kozman ? / Quelle parole ?

Entre l'île de La Réunion, Paris, et bien d'autres lieux dans le monde, je vous propose, via ce petit blog, de découvrir quelques artistes, publications, événements, etc. qui se rapportent tous à la culture. Une culture alter-..., c'est-à-dire, une culture différente, qui ne se découvre pas dans les magasines pipoles ou dans les écrans des tévés - ni même sur les affiches publicitaires - mais une culture qui tisse des liens entre les humanités, qui vit et que nous faisons vivre de manière originale et singulière dans nos quotidiens respectifs, à travers le monde, à travers les mondes : francophones, créolophones, etc.

Au plaisir de vous rencontrer lors d'une manifestation ou dans l'un des ateliers présentés,
Bien à vous,


Stéphane Hoarau.